« Me séparer de mes sculptures est une peine nécessaire, jamais un abandon... Les vendre c’est leur permettre d’être choisies et de vivre, sinon elles ne feraient qu’exister... »

Biographie

ANMA est née en février 1963. Aujourd’hui encore, elle garde une affection tout aussi particulière pour les lacs et les montagnes de Savoie qui l’ont vu grandir, que pour l’Italie et les plages désertes de l’Atlantique où elle vit une partie de l’année. « Mes ancrages sont ici mais mes racines sont là bas. »
Dès sa plus tendre enfance, ANMA est élevée dans la conscience de la nature. C’est dans la terre glaise du jardin de son grand père qu’elle sculpte ses premières formes.

Son entourage est multiple. Elle aime sans opposition aucune, s’entourer de terriens, d’artisans, de sportifs, d’entrepreneurs, de chamans ou d’artistes. Fervente admiratrice de l’oeuvre de Victor Hugo, des peintres de la renaissance, d’Alberto Giacometti et de Pierre Soulages, ANMA trouve sans doute dans cette pluralité un moyen supplémentaire d’accentuer chez elle une inclination à la curiosité et à l’expérimentation.

C’est une fidèle aux fondations solides, qui croit fermement aux serments, mais qui veille toujours farouchement à préserver son infinie liberté d’Etre, de Penser et de Créer.

« Chaque être a en lui la Force, la Sagesse et la Beauté. Nous devons tous travailler à les magnifier… Il ne faut pas craindre d’échouer, il faut croire, vouloir, espérer et persévérer… »
Très jeune elle est passionnée par la danse. C’est sans rébellion mais avec cette détermination bien à elle qu’elle se détourne de ses études classiques pour intégrer l’Institut Pédagogique d’Art Chorégraphique de Paris.

C’est à cette époque qu’elle comprend par la maîtrise du geste que l’énergie et l’équilibre se situent bien au-delà du corps.
« Lorsque l’on danse, ou que l’on réalise une sculpture, ce sont les même mécanismes de création : les suppléments d’âme et de grâce sont une incarnation réussie de l’intention. ».

C’est cette pensée qui la guide encore aujourd’hui quand, dans son atelier, elle vous explique avec une infinie tranquillité, ce qui pour elle est évidence irréfutable : le primordial de la Vie et celui de l’Art sont identiques. « Tout peut s’harmoniser, toujours… Vous savez chacun d’entre nous est la vague d’un même océan… ».

Avec simplicité et humilité, ANMA dit comment la sculpture est entrée dans sa vie par la plus belle des portes pour s’imposer à présent dans son espace vital.

« La sculpture j’y pensais depuis toujours. Pas du tout comme une obsession plutôt comme une nécessité absolue, une sorte d’idéal. »
Son maître de sculpture pour qui elle garde une admiration sans borne, lui interdit de faire une école d’art et lui répète, à chaque fois qu’insatisfait il casse une de ses pièces « garde ton talent brut et travaille encore et toujours pour que tes mains produisent ce que ton esprit veut et que ton coeur perçoit.» Mais, bien au-delà de l’enseignement magistral qu’il lui procure, il l’adoube en lui laissant partager son atelier, lui enseigne ses techniques, lui transmet ses secrets, lui offre d’utiliser ses outils et lui ouvre les portes d’une des plus anciennes fonderies d’art italiennes. Encore aujourd’hui quand elle fait référence à lui, ses yeux s’illuminent et parlent pour elle. C’est comme si instantanément elle parvenait à se connecter à sa présence.

Aux murs de son atelier une multitude de cadres rendent hommage aux lieux et aux êtres qui l’accompagnent et la guident au quotidien. Certains ne sont plus de ce monde mais même si la vie ne l’a pas toujours épargnée, son extraordinaire capacité à la résilience fait qu’elle vous paraitra sans doute indestructible tant elle a su garder une joie de vivre, une douceur sereine et une tranquillité positive demeurées intactes.

« Mes sculptures savent des choses que moi-même j’ignore... »